Le bras de fer entre la commune de Cassis et Denis Godel
Marseille Hebdo
édition du 9-15 août 2001
CALANQUE. Denis Godel annonce qu'il veut réouvrir l'accès.
par
MARIE-EVE BARBIER
Le bras de fer entre la commune de Cassis et Denis Godel, le nouveau locataire de la propriété Solvay, à l'entrée de Port-Miou, connaît de nouveaux rebondissements. Depuis 1e début de l'été en effet, ce particulier, installé à Cassis depuis un an, a en effet fermé au public l'accès à sa propriété et donc à la calanque, provocant un véritable tolé chez les randonneurs et les Cassidains (lire l'Hebdo du 19 juillet).
Alors que Jean-Pierre Teisseire, maire de Cassis, a demandé à l'État de prononcer l'expropriation du propriétaire et de son locataire pour rétablir l'accès à la calanque , Denis Godel contre-attaque. Il vient en effet de concéder la gestion de 23 hectares de son terrain à l'association "Port-Miou pour tous" qu'il préside : "Je souhaite valoriser le site, et rouvrir le chemin aux calanques dès que possible, lorsque les travaux de sécurisation de la carrière seront réalisés. "
Seul hic : pour la mairie de Cassis, qui redoute des projets commerciaux en bord de mer , il s'agit d'un jeu de dupes. « Denis Godel avait déjà proposé de céder à la cornmune la gestion des 23 hectares pour 1 franc symbolique, mais cette proposition est inacceptable, rétorque Jean-Pierre Tesseire, maire de Cassis. Seuls les trois hectares restant en bord de mer, et où sont situées les habitations, ont une vraie valeur. Le reste du terrain, la carrière Solvay, n'a d'autre intérêt que d'être un passage obligé à la calanque. La négociation doit porter sur l'ensemble du site, et avec le propriétaire, c'est-à-dire Solvay ».
En attendant, Denis Godel a déposé une demande d'autorisation pour procéder au balisage et à la replantation du chemin. "La mairie ne peut pas d'un côté réclamer la réouverture du chemin, et de l'autre, faire obstruction à ma demande " estime-t-il. Pour mener à bien son projet, Denis Godel a demandé l'expulsion par voie d'huissier d'une famille maghrébine, des anciens employés Solvay, qui vit depuis des années sur le terrain. Et il a commandé une étude de 50 000 francs à un cabinet de conseil en environnement pour repaysager le site. Pourquoi dépenser autant d'argent et d'énergie pour quelques mauvais remblais d'une carrière désaffectée ? Denis Godel, gérant de deux restaurants lyonnais, continue d'affirmer qu'il cherche seulement "à vivre chez lui en toute tranquillité"